Pollution chimique : des vaccins moins efficaces
Une exposition importante aux composés perfluorés (PFC) diminuerait l’efficacité des vaccins destinés aux enfants. Une étude américaine pointe à nouveau du doigt ces produits chimiques, déjà responsables de cas d’infertilité féminine ou de ménopause précoce. Les perturbations métaboliques dont ils sont responsables ne se limiteraient donc pas au seul système endocrinien.
L’information est importante, car les composés perfluorés font partie intégrante de notre quotidien. Ils sont présents dans le revêtement des poêles antiadhésives, dans les emballages de certains produits alimentaires, dans des produits cosmétiques, des textiles... Ils sont également très persistants dans l’environnement, principalement dans l’eau de sorte qu’ils se retrouvent ensuite dans la chaîne alimentaire.
Les équipes du Pr Philippe Grandjean de la Harvard School of Public Health près de Boston, ont étudié une cohorte de 656 enfants résidant aux Iles Feroe, suivis de leur naissance jusqu’à leur 7è anniversaire. Ce choix de population ne doit rien au hasard. Les habitants de ces îles situées entre la mer de Norvège et le continent arctique ne sont pas amateurs que de football et de chasse aux dauphins. Leur nourriture est aussi, essentiellement composée de produits de la mer. En ce sens, elle les expose régulièrement aux PFC. C’est également vrai des enfants, soit avant la naissance – in utero, donc – soit dans le cadre de leur propre alimentation, dans la petite enfance.
Après avoir vacciné les enfants contre la diphtérie et le tétanos, les chercheurs ont mesuré leurs taux d’anticorps. Résultat, une exposition prénatale deux fois supérieure à la moyenne a entraîné une baisse de 39% du taux d’anticorps antidiphtériques à l’âge de 5 ans.
Lorsqu’après la naissance l’exposition a là encore été deux fois supérieure à la moyenne, les auteurs ont observé que le niveau d’anticorps à 7 ans était diminué : de 36% pour ce qui concerne la couverture antitétanique, et de 25% pour ce qui concerne la protection contre la diphtérie.
« Ces résultats suggèrent que l’exposition aux PFC peut augmenter le risque pour un enfant, de ne pas être protégé efficacement contre la diphtérie et le tétanos. Et cela, même si le calendrier vaccinal est bien suivi » expliquent-ils.
Rappelons qu’en juin 2011, l’Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES), a dressé un état des lieux national de la présence des PFC dans nos eaux. Résultat, les échantillons analysés ne présentaient aucun risque pour la santé.
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