Acné : un test avant le traitement
[mis à jour le 30 décembre 2011 à 13h44]
L’isotrétinoïne fait débat. C’est à l’heure actuelle, « la seule molécule permettant de traiter l’acné sévère » nous explique le Pr Brigitte Dréno, chef du service de dermato-cancérologie du CHU de Nantes. Cependant, face aux risques de dépression et de suicide susceptibles d’être provoqués par ce médicament, l’Agence française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSaPS) en a renforcé les conditions de prescription. Cette dernière devrait ainsi être bientôt précédée d’un test de détection des troubles dépressifs.
Avant d’être généralisée, la pratique de ce test a fait l’objet d’une « étude de faisabilité ». « Nous voulions savoir si cet outil serait facilement utilisé par les médecins sans faire peur aux parents » poursuit Brigitte Dréno. Pendant 8 mois, une centaine de dermatologues l’ont utilisé auprès de dix patients chacun. Les conclusions de leur travail seront connues au début 2012.
La guerre des boutons
En attendant, si votre adolescent doit être traité, parlez-en avec votre médecin. « Un médicament ne sera jamais prescrit contre la volonté d’un patient », poursuit Brigitte Dréno. « Dans notre pratique, nous nous rendons compte que la gêne engendrée par l’acné est telle que les patients veulent être traités ». L’acné sévère peut en effet se révéler un véritable « fardeau » social, les boutons laissant parfois des cicatrices indélébiles.
Un suivi régulier
Le Pr Dréno insiste sur l’importance d’un suivi régulier en consultation. Une approche qui, observée régulièrement,« permettrait de se rendre compte de tout changement d’humeur ». Actuellement, les jeunes filles sont reçues tous les mois pour renouveler leur prescription, délivrée exclusivement en l’absence de grossesse. En effet, l’isotrétinoïne est susceptible de provoquer des malformations graves chez le fœtus. Elles doivent donc présenter un test de grossesse négatif tous les mois pour poursuivre leur traitement. Quant aux garçons, ils font l’objet d’un contrôle « tous les deux mois ».
Enfin bien sûr, la vigilance des parents est primordiale : si vous remarquez un isolement ou une tristesse inhabituelle et persistante chez votre adolescent – qu’il soit sous traitement ou pas d’ailleurs - n’hésitez pas à en faire part à votre médecin.
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