Alcool : existe-t-il une consommation raisonnable ?
[mis à jour le 24 avril 2009 à 10h03]
Tempête dans un verre de vin ! « Le risque de cancers augmente avec la quantité d’alcool absorbée et devient significatif à partir d’une consommation d’un verre par jour », affirment les experts de l’Institut national du Cancer (INCA), dans une brochure adressée aux médecins.
Ils déconseillent ainsi « toute consommation d’alcool ». Cette recommandation pour le moins radicale est très discutée. D’autant plus qu’elle se heurte au concept de consommation à moindre risque élaboré il y a quelques années à partir des travaux de l’Organisation mondiale de la Santé : 3 verres standard (10g d’alcool par verre) au quotidien pour un homme, et deux pour une femme en veillant à préserver un jour d’abstinence dans la semaine. De son côté, le World Cancer Research Fund (WCRF) a placé le curseur à deux verres quotidiens pour les hommes et un pour les femmes.
« Il s’agit de repères maximum élaborés pour aider les médecins à distinguer les consommateurs excessifs », insiste le Dr Martine Le Quellec-Nathan, Directrice générale adjointe de l’INCA. « En aucun cas, il ne s’agit de recommandations. Il faut donc insister sur le fait que toute consommation d’alcool augmente le risque de développer plusieurs cancers : bouche, pharynx, larynx, œsophage, colon, rectum, sein et foie ».
Des bénéfices sur le système cardiovasculaire discutés
Président du Collège scientifique de l’Observatoire français des Drogues et Toxicomanies (OFDT), le Pr Sylvain Dally est plus nuancé. « Quand on consomme des doses très faibles comme un verre quotidien, le risque de cancer est extraordinairement faible, voire négligeable ». A ses yeux, il n’est donc pas justifié de remettre en question les consommations très modérées d’alcool, limitées par exemple à un ou deux verres quotidiens.
A l’appui de cette thèse il invoque d’ailleurs « l’effet protecteur d’une consommation modérée d’alcool -vin rouge notamment- sur le système cardiovasculaire. Ce risque de cancer est à mettre en balance avec les bénéfices sur le cœur et les vaisseaux ». Pour autant, Martine Le Quellec-Nathan n’en démord pas : « à ce jour, on ne peut assurer avec certitude que l’alcool protège le système cardiovasculaire. Cet avis est très discuté, c’est pourquoi les études doivent être revues ».
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