Bruits de santiags aux Nations-unies...
[mis à jour le 9 janvier 2008 à 09h51]
" Le fait que l’OMS choisisse de faire appel à tel expert particulier (...) n’entraîne pas toujours la sélection la plus appropriée. En conséquence et dès à présent, le Département désignera l’expert le mieux à même de servir nos deux organisations ".
William R. Steiger, Special Assistant auprès du Secrétaire d’Etat américain à la Santé, est probablement un brillant universitaire... mais décidément pas un connaisseur des affaires internationales. Le 5 janvier dernier, il s’était déjà fait remarquer en adressant une lettre confidentielle au Directeur général de l’Organisation, Lee Jong-wook. Il tentait ainsi de torpiller le projet de stratégie globale contre l’obésité. Une lettre qui n’était pas restée confidentielle bien longtemps, de nombreux médias britanniques et américains criant au sabotage de la Santé publique.
Décidément en veine d’interventionnisme, il récidive en décidant que désormais, l’Organisation ne sera plus autorisée à choisir elle-même ses experts. Et pour être tout à fait bien compris, il demande à son interlocuteur de " noter que, sauf circonstances exceptionnelles, les experts (de l’OMS) employés par le gouvernement américain ne peuvent participer à des consultations de l’OMS en leur capacité personnelle. " Cet officiel de haut rang indique d’ailleurs que le règlement de la fonction publique américaine enjoint les experts du ministère " de représenter le gouvernement américain et de défendre sa politique en toute occasion et à tout moment. "
Cette atteinte à l’indépendance nécessaire de toute agence des Nations-unies est préoccupante. D’abord parce qu’elle traduit la renaissance d’une ambiance disparue depuis la fin de la guerre froide. Même les pays de l’ancienne URSS aujourd’hui, ne se permettent plus ce type d’ingérence. Mais aussi parce qu’elle méconnaît le Règlement applicable aux tableaux et comités d’experts de l’OMS. Lequel stipule - articles 4.6 et 4.7 - que ces derniers agissant " en qualité d’experts internationaux, au service exclusif de l’Organisation (...) ne peuvent comme tels, solliciter ou recevoir d’instructions d’aucun gouvernement ou d’aucune autorité extérieure à l’Organisation. Ils déclareront en outre toute circonstance pouvant donner lieu à un éventuel conflit d’intérêts (...). "
Ce règlement fait partie des textes fondamentaux de l’Organisation mondiale de la Santé. Lesquels il va sans dire, ont été votés par les Etats-Unis. Peut-être le Pr Steiger aurait-il dû relire ces documents avant d’expédier son courrier. Ils viennent justement d’être remis à jour...
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