Chirurgie du poumon : plus besoin d’ouvrir
[mis à jour le 3 décembre 2010 à 10h40]
Accéder à un poumon pour en extraire une tumeur… sans ouvrir la cage thoracique ! Cet exploit, des médecins de l’Institut Mutualiste Montsouris à Paris, l’ont déjà pratiqué 140 fois. Mais cela reste néanmoins un exploit, à tel enseigne que cette équipe est la seule en France, à réaliser ce type d’intervention. Pour le patient, c’est évidemment un avantage déterminant.
Particulièrement en termes de réduction des douleurs postopératoires. D’une manière générale, « la meilleure chance de guérison du cancer du poumon est l’ablation chirurgicale du lobe dans lequel est situé la tumeur », expliquent les Drs Dominique Gossot, chirurgien, et Philippe Girard, pneumologue. Cette intervention se pratique à « thorax ouvert ». La thoracotomie – c’est-à-dire l’ouverture du thorax - entraîne toutefois d’importantes douleurs post-opératoires. Et pour cause, les chirurgiens devant sectionner plusieurs muscles puis écarter les côtes, avant de gagner le poumon.
A l’Institut Montsouris, les deux médecins viennent de dresser un premier bilan des 140 lobectomies « à thorax fermé » qu’ils ont pratiquées. Un bilan très largement positif.
Peu de patients en bénéficient encore…
Sur le plan technique, trois à quatre incisions de 5 à 12 mm suffisent. Elles permettent d’introduire les instruments, dont un endoscope orientable relié à une caméra de haute définition dont les images sont projetées sur 2 écrans.
En fin d’intervention, l’une des incisions est légèrement agrandie pour extraire le lobe pulmonaire et la tumeur. Ensuite, les médecins enlèvent les ganglions susceptibles d’être envahis. Durée totale de l’opération 3h40. Elle est supérieure à celle d’une lobectomie avec thoracotomie, mais les bénéfices pour le patient sont ailleurs.
Peu invasive, cette technique entraîne moins de douleurs postopératoires. Les durées d’hospitalisation et de convalescence sont également réduites. Sans oublier l’aspect esthétique, grandement amélioré par l’absence de cicatrices importantes sur le thorax. Un seul inconvénient finalement : en France, cette intervention n’est réalisée qu’à Montsouris. Dans un pays comme le Japon, près du tiers des patients peuvent en bénéficier.
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