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30 juillet 2010
Cosmétique : quand la dépigmentation laisse des traces…
[24 décembre 2007 - 07h40]
[mis à jour le 24 décembre 2007 à 14h40]

Séduire à tout prix ! A Brazzaville (Congo), l’utilisation à visée cosmétique de produits dépigmentants connaît un essor inquiétant. Chez les femmes mais aussi -et c’est nouveau- chez les hommes. Des médecins mettent en garde contre les complications « fréquentes » et « potentiellement graves » de ce que les initiés appellent kapokola.

C’est en effet ce que révèle une étude réalisée à Brazzaville, par le Dr Mohamed Boui et son équipe de l’hôpital militaire d’instruction Mohammed V de Rabat au Maroc, dans le cadre d’une mission humanitaire. Sur 450 hommes qui ont été examinés, 18 (soit 4%) présentaient des signes cliniques liés à cette pratique.

Les auteurs précisent que ces hommes étaient « soit aisés, soit fonctionnaires ». Les complications observées –principalement sur le visage, les mains et les pieds- sont des hyper ou des hypo-pigmentations, ainsi que des vergetures. Des cas d’infections et d’acné ont également été signalés.

En revanche, pas de « complications systémiques » à type de diabète ou d’hypertension, retrouvées, notamment chez les femmes. Les auteurs avancent deux raisons à cela : « le début tardif de cette pratique chez les hommes et l’utilisation d’une quantité moins importante de produits par rapport aux femmes ».

Malgré tout, « l’usage inconsidéré » de produits de dépigmentation expose à des « complications graves », nous a confirmé le Dr Boui. Lequel a également identifié quelques substances toxiques comme l’hydroquinone. « Interdite dans l’Union européenne depuis février 2001, elle est utilisée en Afrique sub-saharienne à des concentrations très élevées ».

Malheureusement, « les notices d’utilisation ne font aucune mention des concentrations des produits utilisés ». Le Dr Boui ajoute enfin que la « plupart des produits de fabrication artisanale contiennent des substances corrosives (acide, citron, savon noir…) ».

Source : Journées dermatologiques de Paris, 4-8 décembre 2007, Interview du Dr Mohamed Boui, hôpital militaire d’instruction Mohammed V de Rabat

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