De l’artémisinine pour tous, mais pas n’importe comment…
Pour être traditionnellement utilisée par les Chinois depuis… 2000 ans, Artemisia annua L. est une herbe qui fait beaucoup parler d’elle. Au point que l’OMS vient de publier une monographie de presque 60 pages pour expliquer comment la cultiver, la récolter et en extraire les principes actifs.
Ces derniers il est vrai, sont précieusement récoltés pour produire les associations fixes à base d’artémisinine (ACT), les traitements recommandés par l’OMS contre le paludisme résistant à la quinine. Médicaments nécessaires dans toutes les zones où sévit cette forme de la maladie et notamment en Afrique subsaharienne, où sont enregistrés 90% des décès attribués à la malaria. Aujourd’hui encore, 40% de la population mondiale est exposée à cette forme de paludisme.
C’est dire l’ampleur des besoins. Or historiquement, cette plante n’était cultivée qu’en Chine. Et ce pays ne pouvait à lui seul fournir les besoins globaux. D’où des périodes de réelles pénuries qui ont alarmé l’OMS et les autorités nationales de santé. Pour y remédier, l’OMS et certains industriels ont favorisé l’extension des cultures dans d’autres régions. En République sud-africaine, au Mozambique, au Zimbabwe. D’aucuns y voyaient même la possibilité d’une alternative à la culture du tabac… D’un strict point de vue de santé publique, c’était assurément une superbe idée !
Ces développements ne sont pas allés sans problèmes. Car la culture d’Artemisia annua L. nécessite plus de 6 mois ensuite de quoi l’extraction, le traitement et la production du produit final exigent aussi de 2 à 5 mois. Toute erreur peut ruiner la récolte ou provoquer la levée d’une plante pauvre en principe actif. Et même ensuite, un processus de production mal coordonné risque de ruiner des mois d’efforts. C’est pourquoi l’OMS vient de publier ces « lignes directrices en matière de culture de la plante essentielle utilisée dans les médicaments antipaludiques ». Cet opuscule décrit très précisément l’organisation de cette dernière, comment planifier la production de ces produits essentiels et mettre en place tous les éléments de savoir-faire technique nécessaires pour extraire l’artémisinine des feuilles séchées.
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