En 2005, les Français ont croqué pour un milliard d’euros d’anti-ulcéreux
De quoi se coller une belle indigestion… Cette situation est dénoncée par l’Assurance-maladie, qui annonce un renforcement « de son programme d’action contre la consommation excessive de médicaments anti-ulcéreux ».
C’est simple. Entre 2000 et 2005, le nombre de boîtes vendues en France est passé de 25 millions à 47 millions. Soit une augmentation de 88%, ou 17,6% par an. Voilà pour les chiffres. Selon l’Assurance-maladie, cette explosion s’explique en partie par l’élargissement des indications thérapeutiques de ces médicaments. Mais aussi par des prescriptions non conformes aux conditions de l’autorisation de mise sur le marché (AMM).
C’est le cas notamment, de l’association de certains anti-ulcéreux, les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Une pratique à laquelle les médecins ont largement recours afin de prévenir les troubles gastro-intestinaux liés à ces derniers. L’AMM stipule, par exemple, que cette co-prescription est justifiée après 65 ans. Or plus de 56% des moins de 65 ans qui débutent un traitement par AINS se voient prescrire un IPP…
Même chose pour la prise en charge de la dyspepsie fonctionnelle. « Les IPP n’ont pas d’indication reconnue (dans cette maladie) et n’ont pas fait la preuve de leur efficacité », insiste l’Assurance-maladie. Or selon une étude menée à Grenoble, plus de 10% des traitements par IPP seraient motivés par une dyspepsie.
Autre problème, et il est de taille : la faible part des génériques dans ces traitements, qui datent des années 90. L’Assurance-maladie se félicite certes, de la « progression satisfaisante du taux de génériques de l’omeprazole (alias Mopral, n.d.l.r.) qui représente un tiers des prescriptions d’IPP ». Mais elle « tique » parce que son producteur aurait « anticipé la perte » de son brevet en 2004, mettant sur le marché en 2002 un nouvel IPP « dont la molécule esomeprazole est en fait l’isomère actif de l’omeprazole ». En d’autres termes un quasi copier-coller, qui en 2005, a représenté 128,3 millions d’euros de dépenses.
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