Favoriser l’accès aux médicaments… pour survivre
[mis à jour le 13 mars 2007 à 14h15]
Alors que 80% de la population mondiale ont peu ou pas accès aux médicaments les plus essentiels, alors que dans les pays les moins favorisés aucun système de prise en charge n’existe, quelques industriels osent ce marché pas comme les autres. Ils en font même un enjeu de survie…
Prix Nobel, politiques, philosophes, capitaines d’industries et scientifiques de haut vol… le Forum BioVision 2007 vient d’ouvrir à Lyon. A ces interlocuteurs de choix, le président de Sanofi-Aventis Jean-François Dehecq, a expliqué le rationnel qui sous-tend la mise en œuvre par son entreprise, d’une « Direction Accès au Médicament ».
Une Direction dont la première réalisation a fait la « Une » voici à peine une semaine. Il s’agit d’ASAQ, cet antipaludéen produit par le groupe français selon le principe no profit no loss dans le cadre d’une coopération avec l’initiative DNDI. Une opération qui ne sera pas sans lendemain a expliqué Jean-François Dehecq. Le travail se poursuit dans quatre autres voies thérapeutiques - lutte antituberculeuse, leishmanioses, épilepsie, trypanosomiase - et dans le domaine des vaccins.
Le principe de base de la « mission » est articulé autour des trois pierres d’achoppement du développement de médicaments pour les pays en développement. D’abord bien sûr, les prix. Le groupe affirme promouvoir « une politique de prix différenciés » qui permette – dans le principe – de financer les faibles prix consentis au Sud avec les marges réalisées au Nord. Et puis le « nouveau développement de médicaments existants » : améliorations galéniques, nouvelles indications, développement de formes pédiatriques qui souvent, font défaut. Et enfin une politique « d’information, d’éducation et de communication auprès de l’ensemble des acteurs » du système de soins.
Encore faut-il que ces actions n’oublient pas les acteurs essentiels que sont les populations locales. Celles à qui sont destinés ces médicaments. Car là-bas comme ici, les couches les moins éduquées sont les plus privées de soins. Les populations les moins atteintes par l’information de masse – essentiellement transmise par les radios car le taux d’analphabétisme est très élevé – sont souvent délaissées. Un enjeu de taille. Car « faute de répondre à ces défis, (l’industrie pharmaceutique) n’existera plus ».
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