Grippe A/H1N1 : « Histoire d’une incompréhension »
[mis à jour le 29 juin 2010 à 17h44]
La gestion de la grippe A(H1N1) a bien été défaillante en France. C’est en substance le constat dressé par l’Office parlementaire d’Evaluation des Choix scientifiques et technologiques (OPECST) qui vient de rendre public son rapport sur la mutation des virus et la gestion des pandémies.
Les deux rapporteurs, Jean-Pierre Door (député UMP du Loiret) et Marie-Christine Blandin (sénatrice Les Verts du Nord), ont insisté sur l’impossibilité d’évaluer en juin 2010 des choix faits un an plus tôt. « Nous étions à l’époque dans un climat de vigilance exacerbée, nous savions que ce virus pouvait s’attaquer à des adultes jeunes, en bonne santé, et que la vaccination pouvait les en protéger » a rappelé Mme Blandin. « Fort heureusement, les dégâts ont eu moins d’ampleur que prévu, et nous ne sommes pas là pour chercher des coupables, mais pour trouver les solutions permettant de répondre au mieux à une future crise », a précisé M. Door.
Le ministère de l’Intérieur pas à sa place ? « Le ministère de l’Intérieur s’est emparé de la vaccination et en a eu une gestion autoritaire », accuse la sénatrice. « Il n’aurait pas dû être en double pilotage mais en simple exécutant du ministère de la Santé. »
Trop d’opacité à l’OMS Les deux parlementaires ont reproché à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) son manque de transparence. « L’OMS doit prendre en compte l’opinion publique et ne pas rester dans sa tour d’ivoire » a estimé le député. « Concernant les experts, une centralisation des déclarations d’intérêts permettrait de valider l’indépendance de ceux-ci. »
Soutenir la recherche Les mutations virales sont fréquentes et imprévisibles et il est essentiel de poursuivre la recherche sur ce sujet. Pour cela « les moyens octroyés à la recherche doivent être augmentés » a demandé Jean-Pierre Door.
S’appuyer sur les médecins généralistes et sur la population « Les médecins généralistes sont des médiateurs admirables, et, en les laissant de côté, on s’est privés d’auxiliaires reconnus par la population » a regretté Marie-Christine Blandin. « Il faut aussi penser à associer la population, à organiser des débats publics, avec des associations de patients et des médecins généralistes. Les facteurs nécessaires à la confiance étaient absents, et la gestion de cette pandémie est l’histoire d’une incompréhension. »
Pour aller plus loin : Rapport sur la mutation des virus et la gestion des pandémies (Recommandations).
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