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22 mars 2010
Grippe A (H1N1) : le virus qui fait peur
[2 juin 2009 - 10h25]
[mis à jour le 11 décembre 2009 à 17h11]

Grippe A (H1N1) : le virus qui fait peur

Au 11 décembre 2009, l’Organisation mondiale de la Santé recensait 9 596 décès liés au virus A/H1N1 pandémique dans le monde. C’est peu à l’échelle du Globe, mais c’est beaucoup pour une infection qui nous a totalement pris au dépourvu. Car il y a quelques semaines encore, les spécialistes avaient tous les yeux rivés sur le seul virus aviaire H5N1…

Quelle est donc cette nouvelle souche virale, présentée comme « hautement dangereuse » par l’OMS alors qu’à ce jour, les infections qu’elle a entraînées ont été le plus souvent bénignes ? Est-elle d’origine porcine, humaine, aviaire ? Les trois à la fois ? Comment le monde se prépare-t-il à contrer cet ennemi et surtout, que faire pour s’en protéger ? Destination santé vous propose un tour d’horizon sur la question.

De quoi s’agit-il ? La « grippe porcine » est en fait une maladie respiratoire aiguë provoquée par un virus grippal qui habituellement, n’infecte que les porcs. Mais dans l’épidémie actuelle, il ne s’agit pas d’une « grippe porcine » à proprement parler puisqu’elle touche aussi les hommes.

Le scénario le plus probable est le suivant : la grippe A (H1N1) a été provoquée par un virus qui se serait développé chez le porc et qui, après avoir été au contact avec des virus aviaire et humain, se transmet désormais d’homme à homme. L’OMS l’a d’abord qualifiée de « mexicaine », tout simplement parce que le premier cas en a été signalé… au Mexique. Elle optera ensuite pour l’appellation plus exacte scientifiquement, de grippe A (H1N1).

Voilà pour la théorie. En pratique, les efforts continuent pour percer la complexité du virus A (H1N1). La revue spécialisée Science publie un travail très intéressant sur le séquençage de génomes issus de 50 souches virales isolées au Mexique et aux Etats-Unis.

Selon les premiers résultats, le virus présenterait un tableau génétique bien particulier : « nous avons découvert 8 fragments de gènes différents avec une combinaison qui n’avait jamais encore été rapportée » explique le Dr Rebecca Garten de la Johns Hopkins University à Baltimore aux Etats-Unis, le principal auteur de cette étude. « Certains de ces gènes proviennent de virus grippaux qui circulaient chez les porcs en 1918 et d’autres… en 1998 ». C’est dire le nombre de mutations qui se sont succédé avant la naissance du nouveau virus A (H1N1) !

Des symptômes similaires à la grippe saisonnière

Quels sont les symptômes ? Fièvre, toux, maux de gorge, douleurs musculaires, fatigue… les symptômes de la grippe « mexicaine » sont identiques à ceux d’une grippe saisonnière.

Comment le virus se propage-t-il ? La transmission interhumaine se fait là encore, de la même façon que pour la grippe saisonnière :

  • par voie aérienne : la dissémination du virus dans l’air se fait par la toux ou les postillons ;
  • par contact rapproché avec une personne infectée : lorsque par exemple, on l’embrasse ou on lui serre la main ;
  • Enfin par contact avec des objets contaminés par un malade. Le virus se transmet ainsi par contact avec une poignée de porte, un bouton d’ascenseur ou un verre… La contamination intervient dès lors que l’on porte la main à la bouche ou au nez.
Comment se protéger ? Il faut éviter tout contact avec une personne infectée. Le port d’un masque de type « chirurgical » est efficace contre la transmission aérienne, alors pensez-y ! La prévention repose également sur le respect de règles élémentaires d’hygiène : le lavage des mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydro-alcoolique, sans oublier de mettre sa main devant la bouche et son nez en cas de toux ou d’éternuement. Après quoi bien sûr, il convient de revenir à la case « lavage des mains »… Enfin, n’utilisez que des mouchoirs jetables à usage unique.

Surtout, ne vous laissez pas tenter par des remèdes de grand-mère ou de vraies fausses bonnes idées, comme se regrouper autour d’un malade atteint de grippe A (H1N1)… pour être à son tour infecté dans l’espoir d’être plus tard, immunisé en cas de pandémie ! Cette logique d’un autre temps se pratique dans certaines communautés aux Etats-Unis, où l’on parle de swine flu parties

Autre comportement à proscrire, la prise en préventif du désormais célèbre Tamiflu ! Cet antiviral est destiné à soigner les patients atteints de grippe. Pour être efficace, le virus doit être présent dans l’organisme, c’est essentiel. Ne vous ruez donc pas sur internet pour en acheter. Et pas davantage dans les pharmacies… qui d’ailleurs ne vous vendront pas de Tamiflu puisqu’il n’est délivré que sur ordonnance.

Vaccin : le temps presse

Pour ce qui est des vaccins, aucun n’est disponible à ce jour. Certes, plusieurs laboratoires pharmaceutiques ont déjà fait connaître leur disponibilité à produire un tel vaccin. C’est le cas par exemple de GSK, Sanofi-Pasteur et Novartis. Mais pour l’heure, personne ne bouge en attendant les directives de l’OMS en la matière.

Des directives qui risquent de ne pas arriver de sitôt. Lors de la 62ème Assemblée mondiale de la Santé qui s’est tenue à Genève du 18 au 22 mai dernier en effet, aucune avancée n’a été enregistrée sur la stratégie mondiale de vaccination.

Or le temps presse. Au-delà de la menace propre au virus A (H1N1), de nombreux spécialistes redoutent en fait sa combinaison avec le virus aviaire H5N1. Ce dernier est endémique chez les volailles dans certaines régions du Moyen-orient ou d’Asie. En Egypte par exemple, il ne se passe quasiment plus une semaine sans que des cas humains de grippe aviaire soient rapportés.

Vingt-trois personnes en sont déjà mortes sur les bords du Nil. Un début d’explication pourrait se trouver dans le fait que les autorités n’indemnisent pas suffisamment les éleveurs lorsqu’ils sont contraints d’abattre les volailles infectées. Résultat, les populations locales hésitent souvent à déclarer toute suspicion de grippe aviaire…

Une autre source d’inquiétude provient enfin du continent africain. L’OMS est en effet particulièrement préoccupée par l’approche de l’hiver, et donc de la saison grippale dans l’hémisphère austral. « Une circulation du virus A (H1N1) ne peut être exclue » rappelait Margaret Chan, le Directeur général de l’OMS, en clôturant l’Assemblée mondiale de la Santé.

- Pour des informations générales sur l’épidémie, composez le 0825 302 302 ou + 331 53 56 73 23 depuis l’étranger ;
- Pour les voyageurs, composez le 01 45 50 34 60 de 9 heures à 20 heures ;
- Si vous revenez d’une zone à risque ou si vous présentez des symptômes de la grippe, appelez le 15 ou votre médecin traitant ;
- Enfin, connectez-vous sur le site www.pandemie-grippale.gouv.fr/ mis à votre disposition par le gouvernement français.

Source : Interview du Dr Antoine Flahault, Directeur de l’Ecole des hautes Etudes en Santé publique (EHESP), 29 avril 2009 ; Science, 22 mai 2009 ; ministère de la Santé et des Sports, Institut de Veille sanitaire, 25 mai 2009, OMS, update 78, 12 décembre 2009

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