[mis à jour le 19 juin 2003 à 10h09]
Jamais les femmes enceintes ne seront assez mises en garde contre les risques liés à l’utilisation de médicaments en cours de grossesse. Risques de malformations congénitales parfois dramatiques. Risques, aussi, d’accidents au cours de la gestation. Quelques semaines après la publication d’un rapport démontrant qu’en France les femmes enceintes se voient prescrire plus de 13 médicaments chacune, une étude danoise met en lumière les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS).
Les auteurs, une équipe de l’hôpital d’Odder, ont suivi 1 462 femmes enceintes qui en avaient pris au cours d’une période de 30 jours avant la conception jusqu’au terme. Ils ont ensuite comparé les résultats obtenus avec les cas de 4 268 femmes victimes d’une fausse couche – dont 63 avaient utilisé un AINS – et 29 750 femmes dont la grossesse s’était déroulée sans incident. A l’échelle de la modeste population du Danemark – à peine 6 millions d’habitants – voilà une étude pour le moins exhaustive…
Aucune augmentation du risque de malformation congénitale n’a été mise en lumière. En revanche, une relation « nettement positive » aurait été découverte entre la prise d’AINS et le risque de fausse couche. C’est une information nouvelle et les auteurs insistent sur le fait qu’elle demande à être confirmée. Soulignons toutefois son importance. Longtemps réservés à la prescription médicale, les AINS commencent à sortir de ce domaine qui leur assure une forme de sécurité.
Certains sont désormais accessibles sans ordonnance. Le fait qu’ils le soient à des doses diminuées n’est pas ipso facto une garantie de sécurité. Et les femmes – ou celles qui les entourent – doivent être rappelées à la vigilance…
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