Haïti : le choléra importé d’Asie
[mis à jour le 10 décembre 2010 à 09h01]
Le vibrion à l’origine de l’épidémie de choléra qui frappe Haïti depuis maintenant plusieurs semaines, aurait été importé d’Asie du Sud-Est. Des chercheurs de plusieurs universités américaines l’affirment dans le New England Journal of Medicine. Ils ont pour cela, de solides preuves scientifiques.
« Nos données montrent clairement que l’épidémie de choléra qui a débuté en Haïti est due à un vibrion cholérique importé d’Asie du Sud-Est et lié à des activités humaines », précise Matthew Waldor du Howard Hugues Medical Institute, dans le Maryland. « Il est donc très peu probable que la situation sanitaire du pays après le tremblement de terre de janvier dernier, soit à l’origine de cette flambée épidémique. Nos résultats contredisent en tout cas cette hypothèse ».
Pour Matthew Waldor, cette découverte de l’origine du vibrion, est une bonne nouvelle. « Des mesures de contrôle de l’épidémie, associées à la vaccination, pourraient permettre d’en limiter l’ampleur ». Cette découverte accrédite également l’hypothèse du Pr Renaud Piarroux. Cet épidémiologiste français estime en effet que l’épidémie de choléra aurait débuté dans un camp de soldats népalais, membres de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah). Ce camp est situé à Mirebalais, dans la région Centre d’Haïti.
Au 6 décembre, l’Organisation panaméricaine de la Santé – Bureau régional de l’OMS pour les Amériques - avait recensé 91 770 cas dont 2 071 mortels.
Le choléra, toxi-infection intestinale due au vibrion cholérique, se transmet par la consommation d’aliments ou d’eau contaminés. Et plus rarement, par contact direct avec un malade. La maladie se manifeste par des diarrhées intenses. En l’absence de prise en charge adéquate, celles-ci peuvent provoquer la déshydratation du patient. Le traitement consiste essentiellement à compenser les pertes hydriques et électrolytiques – en eau et en minéraux, donc. Il repose sur l’administration de sels de réhydratation orale (SRO), ainsi que sur une antibiothérapie destinée à éliminer le vibrion. Pris en charge rapidement toutefois, près de 80% des patients peuvent être guéris grâce aux seuls SRO, selon l’OMS.
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