L’Aspartame à nouveau soupçonné
[mis à jour le 28 février 2011 à 15h40]
Deux études scientifiques publiées à quelques mois d’intervalle, mettent à nouveau en cause l’aspartame pour ses effets sur la santé. Dans le cadre de sa veille permanente, l’Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) annonce qu’elle va « examiner sans délai ces nouvelles études en vue d’éventuelles recommandations aux autorités françaises ».
Un travail danois tout d’abord, a été publié dans The American Journal of Clinical Nutrition à la fin juin 2010. Il portait sur 59 334 femmes et fait ressortir un lien entre la consommation de boissons à base d’édulcorants, et le risque d’accouchement prématuré. Ce dernier augmenterait ainsi de 38% pour une consommation journalière d’au moins un soda allégé, et de 75% avec quatre sodas allégés par jour.
Une autre étude, italienne a été réalisée par le Centre de Recherche sur le Cancer Ramazzini de Bologne, dont les travaux ont été critiqués à plusieurs reprises pour vices méthodologiques. Les auteurs reviennent à la charge, soulignant les effets cancérigènes de l’aspartame, uniquement chez la souris et le rat. L’expérience a consisté à faire ingérer de l’aspartame à des rates et des souris gravides, pour étudier ses effets sur leur descendance. Ils auraient ainsi mis en lumière un effet dose-dépendant de l’aspartame sur l’incidence des cancers du foie et du poumon chez les rejetons de ces animaux… à l’exception des souris femelles. Ces résultats – aujourd’hui non expliqués par les auteurs – doivent être considérés avec prudence.
Publiée en 2007, la dernière étude du Centre Ramazzini sur ce sujet controversé annonçait une augmentation de l’incidence des leucémies, des lymphomes et des cancers mammaires chez le rat après exposition in utero à l’aspartame. En février 2009, l’Agence européenne de Sécurité (EFSA) avait cependant conclu « que les données obtenues n’indiquaient pas un potentiel génotoxique ou cancérigène de l’aspartame après une exposition in utero. » Elle avait donc maintenu à 40 mg/kg poids, la dose journalière admissible (DJA) d’aspartame. Celle-ci pourrait évoluer en fonction des prochaines analyses de l’ANSES et de l’EFSA. Rappelons que l’aspartame est présent dans près de 6 000 produits alimentaires à travers le monde.
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