L’Inde veut protéger sa pharmacopée traditionnelle
Il aura fallu 8 ans à 200 chercheurs indiens pour constituer la Bibliothèque numérique des savoirs traditionnels.
Les autorités locales comptent sur cet outil des plus modernes pour conserver la paternité de l’ensemble de leurs traitements ancestraux, à base de plantes notamment. Conçue en 5 langues (anglais, allemand, français, espagnol et japonais), cette base de données est unique. Elle renferme en effet plus de 230 000 formulations de médicaments utilisés depuis des temps immémoriaux en médecine traditionnelle indienne (Ayurveda, Unani, Siddha et Yoga).
L’Office européen des Brevets (OEB) vient d’être autorisé à la consulter. Il pourra ainsi s’assurer que tel ou tel brevet susceptible d’être déposé sur le Vieux continent ne concerne pas un traitement existant déjà en Inde.
Il faut dire que le gouvernement indien a été particulièrement échaudé quand, en 1994, un anti-fongique dérivé du margousier a obtenu un brevet européen alors qu’il était utilisé en médecine traditionnelle indienne depuis plusieurs centaines d’années !
Pour Paul Schwander, administrateur principale à l’OEB, « cette coopération entre l’Inde et l’Europe bénéficie aux deux parties. Elle aide l’Inde à protéger son savoir traditionnel et offre à l’OEB une information supplémentaire sur les brevets ». Reste à savoir si cette base de données constituera un rempart suffisant contre les copies, alors que pour sa part la Chine – où la contrefaçon est une vieille connaissance - a breveté plusieurs milliers de ses traitements traditionnels.
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