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9 février 2012


Le coup de chaleur : un danger vital

[29 septembre 1998 - 15h24]
[mis à jour le 22 janvier 2002 à 11h22]

On a trop tendance à sous-estimer la gravité du coup de chaleur alors qu’en fait ses conséquences immédiates et lointaines peuvent être dramatiques.

Le Pr Maurice Ndukwu de l’Université de Chicago, aux Etats-Unis, vient de publier une étude sur les admissions aux Urgences de douze hôpitaux de cette ville durant la vague de chaleur de l’été 1995, laquelle avait provoqué 600 décès supplémentaires en 9 jours ! Qu’il s’agisse de sujets en bonne santé qui avaient fait des efforts par ces journées très chaudes et humides ou de personnes fragilisées par l’âge ou la maladie, les victimes hospitalisées avaient toutes été victimes d’atteintes particulièrement sévères de toutes les grandes fonctions et organes vitaux : troubles des reins dans 66% des cas, anomalies de la coagulation sanguine dans 45%, troubles cardiovasculaires, cérébraux, pulmonaires, hépatiques... De surcroît, chez la plupart des victimes les dysfonctionnements ont persisté longtemps après le déchocage en unité de soins intensifs. Enfin l’afflux de malades dans les salles d’urgences a souvent été à l’origine de diagnostics tardifs. Ainsi les scanners pratiqués chez les personnes qui avaient des troubles de la conscience ont-ils retardé d’autant la mise en œuvre du traitement de base qui consiste en une immersion dans l’eau froide durant 30 minutes.

L’étude menée à Chicago indique enfin que 50% des victimes de ce coup de chaleur sont décédées au cours de l’année suivante et que de nombreux survivants ont vu leur autonomie grandement réduite. Pour le Pr Ndukwu, « le coup de chaleur peut constituer un trouble gravissime, plus complexe, plus souvent fatal et plus handicapant qu’on ne le considère habituellement ». Ceci renforce l’importance de la prévention mais aussi de la rapidité du diagnostic, gage de la mise en œuvre d’un traitement approprié. Chez la plupart des victimes les dysfonctionnements ont persisté longtemps après le déchocage en unité de soins intensifs.

Source : L’Année Gérontologique n°80 décembre 1997

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