Le dépistage général du VIH, meilleur moyen de sauver les pays pauvres ?
[mis à jour le 30 juillet 2009 à 15h12]
Largement évoquée dans le cadre du 5ème Congrès de l’International AIDS Society au Cap (Afrique du Sud), la mise en œuvre de traitements antirétroviraux « préventifs » suivant un dépistage très étendu des populations serait « sans doute la meilleure arme pour diminuer la transmission. » C’est l’avis défendu par le Pr Pierre-Marie Girard (Service des Maladies infectieuses et tropicales, CHU Saint-Antoine de Paris). Un spécialiste reconnu de la situation épidémiologique et de la clinique en Afrique sub-saharienne. « Si vous avez un million de séropositifs que vous mettez sous traitement, vous réduisez de façon drastique la transmission du virus » explique-t-il.
On l’a vu, les déceptions enregistrées dans la recherche de vaccins, ou dans les autres moyens de prévention médicale, explique cet intérêt général pour des trithérapies préventives.
Certaines voix cependant, s’interrogent sur le réalisme d’une telle solution dans les pays du Sud… où 35% seulement des patients contaminés qui en auraient besoin ont accès aux antirétroviraux.
Dépister pour traiter
C’est pourtant une option qui fait son chemin. Il s’agit de dépister beaucoup plus largement l’infection pour ensuite, traiter tous les patients positifs au VIH. L’objection de la non-observance supposée des populations concernées ne se pose plus. Depuis plus de deux ans, il est prouvé que les Africains sont des malades parfaitement observants ! D’ailleurs « les trithérapies permettent aujourd’hui d’obtenir un taux de succès de 85%, en Afrique comme ailleurs. Nous avons montré que cette approche est opérationnelle et qu’elle donne des résultats identiques voire meilleurs que dans les pays du Nord », souligne Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de Recherche contre le SIDA (ANRS) !
Cette politique techniquement réaliste est-elle réalisable ? Les ressources nécessaires pourront-elles être trouvées ? Les modèles mathématiques développés par l’ANRS auraient montré la validité du raisonnement. « Il y a certes un surinvestissement de départ » révèle Pierre-Marie Girard. « Mais à échéance de 2030-2035 la réduction de la transmission sera telle que l’opération sera financièrement efficace. »
Reste à en convaincre les politiques. Réponse peut-être d’ici environ 2 ans. Le Pr Jean-François Delfraissy nous a indiqué en effet, que les équipes de l’ANRS préparent « un essai de faisabilité, peut-être en partenariat avec le National Institute of Health américain et l’OMS. » Il pourrait se tenir dans le nord de la République sud-africaine et permettra espèrent les chercheurs, de savoir si le possible pourrait devenir probable sous condition de ressources financières. Cela fait beaucoup de peut-être, mais tout de même un véritable espoir…
252 dépêche(s)
Corne de l’Afrique : la famine nourrit le VIH
VIH/SIDA : en bonne voie, doit mieux faire…
VIH/SIDA : maintien des traitements en péril ?
VIH/SIDA : vers une meilleure prise en charge des enfants
XVIIIème conférence sur le VIH/SIDA : le bal s’est ouvert à Vienne…
VIH/SIDA et tests d’urgence : c’est signé !
VIH-SIDA : un labo pour un catalogue de 14 médicaments
Les milieux gays parisiens davantage touchés par le Sida
5 dossier(s)




