Le maïs OGM qui sème le trouble
Dangereux ou pas, les OGM ? Le cas du maïs MON863 relance la polémique entre les partisans et les opposants à l’utilisation des OGM. Une polémique ou « un combat », selon l’expression de Corinne Lepage.
L’ancien ministre de l’environnement et ex-candidate aux présidentielles est en effet aussi la présidente du CRII-GEN, le Comité de recherche qui a mené la contre-expertise sur ce maïs, à partir des données livrées par son fabricant, le géant Monsanto.
Petit rappel des faits. En France, la commercialisation de maïs transgénique est autorisée depuis… 1997. Sa mise en culture elle, ne l’a été qu’en 1998. Donc des OGM, nous en mangeons souvent. Et souvent… sans le savoir. Or pour la première fois, une étude menée par le CRII-GEN pour le compte de l’ONG Greenpeace a mis en évidence chez le rat, des signes de toxicité hépatique et rénale d’un maïs transgénique autorisé à la consommation. Le fameux MON863…
C’est un maïs modifié pour produire un insecticide – le « Cry3Bb1 modifié »- qui élimine les coléoptères parasites du maïs… et contient un gène qui lui confère une résistance à un antibiotique.
Interrogée par Destination Santé, Corinne Lepage souligne la portée du problème. « A partir des données brutes de Monsanto » nous a-t-elle expliqué, « nous sommes parvenus à montrer qu’un certain nombre d’éléments importants n’avaient pas été mis en évidence par le fabricant ». Notamment le poids des animaux. « Nourris pendant 3 mois avec du MON863, le poids des rates a augmenté, alors que celui des rats a diminué ». Le foie et les reins auraient également été atteints. La contre-expertise a révélé enfin des modifications du taux de sodium dans les urines, des taux de graisses et de sucre dans le sang…
« Nous ne disons pas qu’il y a un risque sanitaire » insiste Corinne Lepage. « Nous disons simplement qu’il y a suffisamment de suspicions pour que ce maïs soit retiré de la commercialisation et que les pouvoirs publics refassent l’expertise. » Une logique qui ne fait pas l’unanimité, même au sein de la communauté scientifique.
Les conclusions du CRII-GEN ont en effet été critiquées par plusieurs chercheurs. Notamment par le toxicologue Gérard Pascal, un collègue de l’auteur principal de l’étude le Pr Gilles-Eric Séralini ! Mais pour Corinne Lepage, c’est un faux procès. « Certains de nos détracteurs disent que les modifications observées chez les rats n’ont pas d’impact sur la santé humaine. Peut-être, mais encore faut-il qu’ils le prouvent ». A bon droit d’ailleurs, car en matière de principe de précaution la charge de la preuve est inversée. Pour l’ancien ministre de l’Environnement, les autorités sanitaires françaises et européennes ont « délibérément pris un risque pour la santé humaine. Et elles sont aujourd’hui incapables de le justifier ».
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