Les génériques, une décision qui devient presque automatique
[mis à jour le 23 juin 2008 à 14h17]
Grâce au développement des médicaments génériques, l’Assurance-maladie a économisé près d’un milliard d’euros en 2006. Plus de huit médicaments sur dix pour lesquels existe une version générique, sont aujourd’hui substitués. Un beau succès, dû pour la plus grande part aux pharmaciens.
« Il y a une constance énorme des politiques qui ont misé à 100% sur les pharmaciens », nous a confié Pascal Brière, président de l’association des fabricants de médicaments génériques, le Gemme. « Les économies permises par les génériques sont en réalité le fait des pharmaciens, qui en sont les contributeurs essentiels. C’est normal, puisque le système s’articule autour d’eux ». C’est un avis si communément répandu que le leader français du générique en a publiquement témoigné dans un message télévisé aux pharmaciens.
D’où l’opposition frontale qu’il affiche aux propositions de Michel-Edouard Leclcerc, qui le 11 avril, avait jeté un véritable pavé dans la mare. Il demandait le droit de vendre, dans ses supermarchés, des médicaments non remboursables. Il assurait également être capable de vendre des médicaments à prescription facultative 25% moins cher que la moyenne.
Pour Pascal Brière, cette proposition est « choquante et déloyale. C’est de la pure démagogie. Les médicaments vendus en France sont parmi les moins chers en Europe. Il n’est pas du tout prouvé que Leclerc vende des produits moins chers. Son seul objectif, c’est d’attirer un peu plus de chalands dans ses hypermarchés. Son optique est purement commerciale. » « N’oublions pas que les prix médicaments génériques ont baissé de 25% en deux ans alors que les marges arrières en pharmacie disparaissaient. C’est un exemple dont il faudrait sans doute s’inspirer dans d’autres domaines. »
Voilà qui est dit. Autre point crucial soulevé par le président du Gemme, la sécurité des patients. « Toute délivrance de médicament nécessite les conseils d’un professionnel de santé. C’est naturellement, le rôle du pharmacien. La notion de sécurité étant essentielle, il faudrait dans ce cas que les grandes surfaces soient à même de garantir à 100% la présence d’un pharmacien ».
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