Les indications d’une statine bientôt élargies aux USA… et en Europe
La rosuvastatine (Crestor®) ne sera bientôt plus seulement prescrite aux patients souffrant d’un excès de cholestérol (hypercholestérolémie). Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) vient en effet d’autoriser l’extension de son indication aux personnes considérées comme à risque cardiovasculaire, sans trouble effectif. L’Agence européenne du Médicament (EMEA) devrait rapidement l’imiter.
La décision américaine fait débat, d’autant plus qu’une méta-analyse rapporte au même moment, une augmentation du risque de diabète de type 2 sous statine… Publiée le 27 février dernier dans la revue de référence The Lancet, l’étude Jupiter (13 essais cliniques compilés, 91 000 patients) a mis en évidence une augmentation de 9% du risque de diabète de type 2 chez les patients prenant une statine depuis au moins un an.
Selon les auteurs, le seul fait de traiter 255 patients par statine ferait ainsi apparaître un nouveau cas de diabète. Ce constat fait réagir de nombreux médecins localement, au moment même où la FDA élargit les indications de la rosuvastatine. Désormais celle-ci pourra être prescrite - en prévention en quelque sorte - aux patients dont les médecins considèreraient qu’ils « risquent » de développer une maladie cardiovasculaire.
La France bientôt concernée ?
Le public en question est large. Il comprend les hommes et les femmes - de plus de 50 ans et 60 ans respectivement - présentant au moins l’un des facteurs de risque cardiovasculaire suivant : tabagisme, hypertension artérielle ou antécédent familial de maladie coronarienne… Pour se voir prescrire de la rosuvastatine, ces patients devront également avoir un taux élevé de protéine C-réactive, un marqueur cardio-vasculaire reconnu.
Sans doute échaudés par quelques douloureux précédents, certains cliniciens se montrent sceptiques face à cette extension d’indication. A l’image du Dr Mark Hlatky de la Stanford University en Californie, qui s’interroge sur le fait « de traiter par statine des personnes qui en fin de compte ne sont pas malades »…
Le débat devrait rapidement franchir l’Atlantique. Comme nous l’a confirmé le Dr Alain Castaigne, directeur scientifique d’Astra Zeneca, le fabricant de la rosuvastatine, « une autorisation de mise sur le marché européenne a été adoptée à la fin du mois de mars. Elle devrait être rendue publique ces prochains jours ».
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