Leucémies infantiles : les centrales nucléaires innocentées ?
Vivre à proximité d’une centrale nucléaire augmente-t-il le risque chez les enfants de développer une leucémie ? Pour répondre à cette question, un groupe pluridisciplinaire a été mandaté par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), la Direction Générale de la Santé (DGS) et la Direction Générale de la Prévention des risques (DGPR). Leurs conclusions se veulent rassurantes bien qu’elles n’apportent finalement guère de certitudes. En revanche, les auteurs en appellent à de plus amples recherches.
Des spécialistes de l’industrie nucléaire, des épidémiologistes, des hémato-oncopédiatres, des représentants de milieux associatifs et de la société civile ont travaillé sur ce rapport. Ce dernier avait été décidé suite aux inquiétudes suscitées en 2007 par des publications allemandes. Celles-ci faisaient état d’une augmentation de l’incidence des leucémies chez les enfants de moins de 4 ans, dans un périmètre de 5 km autour des centrales nucléaires.
Après 4 ans d’études, les zones d’ombre sont nombreuses. En effet, les auteurs soulignent qu’« il est difficile de répondre de façon formelle à ces questions, en raison de l’hétérogénéité des leucémies, de l’intrication possible de plusieurs facteurs étiologiques, de la complexité méthodologique des études ». Résultat : « Les connaissances actuelles sur les effets des radiations ionisantes à faible dose ne permettent pas de conclure à une relation causale et les rares agrégats de leucémies à proximité de certaines installations nucléaires demeurent inexpliqués », concluent-ils.
Pour obtenir des réponses plus précises et documentées, les auteurs recommandent « la poursuite et le développement des recherches épidémiologiques en cours, couplés avec l’étude des expositions à d’autres substances cancérigènes potentielles et des facteurs génétiques favorisant la leucémogénèse ».
Les leucémies de l’enfant représentent 30% des cancers pédiatriques, soit 470 nouveaux cas par an de 0 à 14 ans et 80 de 15 à 19 ans, en France. Si des progrès considérables ont permis d’atteindre un taux de guérison de 80% aujourd’hui dans les leucémies aiguës lymphoblastiques (75% de l’ensemble) et de 60 % dans les leucémies aiguës myéloblastiques, les facteurs de risque demeurent mal connus.
Pour aller plus loin, consultez l’intégralité du rapport.
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