Paludisme : l’OMS inquiète des résistances au traitement
Mauvaise nouvelle sur le front du paludisme. Une résistance à l’artémisinine apparue récemment à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande pourrait menacer les succès obtenus ces dix dernières années contre cette maladie. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) prend la menace très au sérieux.
« Il faut donner un coup d’arrêt à la pharmacorésistance apparue en Asie » explique le Dr Hiroki Nakatani, directeur-général adjoint à l’OMS. « Sinon, nous risquons de perdre le contrôle de la situation avec la propagation de la résistance aux pays voisins de la Thaïlande et du Cambodge ».
L’enjeu est de taille. L’artémisinine est le seul antipaludéen encore efficace à ce jour. Chloroquine, méfloquine, sulfadoxine-pyriméthamine… tous ces traitements ont été progressivement dépassés avec l’apparition de souches pharmacorésistantes. « Si nous perdons l’artémisinine, il ne nous restera plus grand chose » s’inquiète Nakatani.
Et c’est justement pour éviter ce scénario catastrophe que le protocole thérapeutique retenu par l’OMS repose rappelons-le, sur l’artémisinine en association avec d’autres substances (ACT pour Artemisinin Combination Therapies). Ces associations en effet, sont seules capables à ce jour d’agir efficacement contre le paludisme à p. falciparum. Et donc d’éviter le développement de résistances aux traitements. C’est dire l’importance de circonscrire la situation à la frontière thaïlando-cambodgienne.
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