Polyarthrite rhumatoïde : diagnostiquer tôt pour avoir les meilleures chances !
[mis à jour le 22 avril 2003 à 10h30]
Au cours du dernier Médec à Paris le Pr Bernard Combe (CHU de Montpellier) a insisté sur ce point. « Plus on débute tôt, plus on a de chances d’enrayer complètement la maladie. Il faut agir dans les trois premiers mois, il faut que tout soit cerné et les traitements mis en place. Car nous avons des médicaments capables de limiter la progression de la maladie à moyen ou long terme, voire de mettre les malades en rémission complète. »
Caractérisée par une inflammation qui s’attaque aux articulations et les détruit petit à petit, la polyarthrite rhumatoïde concerne trois fois plus d’hommes que de femmes. Et elle survient à tout âge. Les anti-inflammatoires les plus récents améliorent la prise en charge de la douleur. Certains bio-médicaments, comme les anticorps monoclonaux et les anti-TNF-alpha, donnent des résultats spectaculaires dans certains cas rebelles… Pour démarrer le traitement le plus tôt possible, encore faut-il que le patient connaisse les signes d’alarme.
Pour Bernard Combe, les principaux signes évocateurs sont les « douleurs qui réveillent la nuit, qui entraînent surtout une raideur matinale de plus d’une demi-heure. Lorsqu’on a une et surtout deux articulations qui gonflent, c’est presque toujours un rhumatisme inflammatoire. » Les membres les plus touchés ? Les mains le plus souvent. Mais cela peut aussi débuter par les pieds…
Il reste un problème, et pas des moindres. Les rhumatologues sont de moins en moins nombreux en France. Les patients peuvent-ils vraiment être assurés d’obtenir un rendez-vous chez le spécialiste ? « La suspicion de polyarthrite débutante, c’est une consultation urgente ! Tout médecin généraliste peut prendre son téléphone et appeler son correspondant rhumatologue. Personnellement, je prends les malades pressés hors consultation, du jour au lendemain. Donc je pense que c’est un faux problème », conclut-il.
En compagnie des Prs Maxime Dougados (Paris) et Xavier le Loet (Rouen) il a également annoncé le lancement national de la cohorte ESPOIR, pour Etude et Suivi des Polyarthrites Indifférenciées Récentes. Sous l’impulsion de la Société française de Rhumatologie (SFR) et en partenariat étroit avec l’INSERM et les laboratoires Merck, Sharp & Dohme-Chibret, 14 CHU français vont prendre en charge et suivre, pendant au moins 10 ans, 800 patients dont le rhumatisme inflammatoire est au tout début de son évolution, mais pas encore traité.
Le premier malade ayant été recruté le 14 novembre, qui d’autre peut participer ? Quiconque a au moins deux articulations gonflées depuis 6 semaines à 6 mois, et n’a reçu aucun traitement de fond contre la polyarthrite rhumatoïde. Aspirine, paracétamol, anti-inflammatoires sont acceptables mais pas les autres traitements. Et bien sûr il faut demeurer près d’un CHU participant : Amiens, Bordeaux, Brest, Lille, Montpellier, Paris, Rouen, Strasbourg, Toulouse et Tours. Vous êtes concerné ? Parlez-en à votre généraliste ou votre rhumatologue. Comprendre Polyarthrite et arthrose : ne pas confondre !
- La polyarthrite rhumatoïde, c’est la forme la plus fréquente des rhumatismes inflammatoires. Elle se caractérise par une atteinte des tendons et des articulations. Celles-ci deviennent gonflées, chaudes et douloureuses, surtout pendant la nuit. Les plus touchées sont celles des mains et des pieds, de façon bilatérale et de manière généralement symétrique, les mêmes doigts étant atteints sur une main et sur l’autre par exemple...
La maladie évolue par poussées, entrecoupées de phases plus ou moins indolores. Chaque poussée entraîne des destructions articulaires, qui provoquent à long terme des déformations. Ce sont elles qui, à terme, peuvent mener au handicap et à l’invalidité. Pour en savoir plus, vous pouvez contacter l’association nationale de défense contre l’arthrite rhumatoïde, l’ANDAR au 01 46 28 08 63 ou consulter le site internet http://andar12.free.fr/frames/Frame_Global.htm
- L’arthrose est une maladie dégénérative articulaire caractérisée par l’altération d’une articulation. Elle est considérée comme idiopathique quand sa cause n’est pas clairement identifiée. On parle également dans ce cas d’arthrose primitive. Quand une cause est identifiée, l’arthrose est dite secondaire. L’arthrose s’accompagne d’une lésion des articulations, sans inflammation mais avec destruction du cartilage et production de tissu osseux supplémentaire. Les zones les plus touchées sont les phalanges, les genoux, les hanches puis le rachis, cervical ou lombaire.
36 dépêche(s)
Polyarthrite rhumatoïde : des traitements efficaces et mieux tolérés
Rhumatismes inflammatoires : la Fondation ARTHRITIS s’invite dans les CHU de France
Polyarthrite rhumatoïde : la révolution thérapeutique passe aussi par les patients !
Ne laissez pas vos articulations vous priver de travail…
Polyarthrite rhumatoïde : "il ne faut plus avoir peur" !
Les sexes inégaux face à la polyarthrite
Contre les maladies auto-immunes, la piste "interférons"
Deux livrets sur la polyarthrite
Polyarthrite rhumatoïde : la piste du cannabis à l’épreuve
La polyarthrite rhumatoïde : un environnement patient plus fort !




