Grâce à un nouveau traitement reposant sur l’administration de mélatonine - une neuro-hormone sécrétée par l’organisme mais dont la production diminue avec l’âge -, il est désormais possible de prendre en charge l’insomnie d’une manière qui épouse mieux le rythme naturel du sommeil. On évite aussi de la sorte, les risques de dépendance et d’effet-rebond à l’arrêt du traitement. Explications avec le Dr Sylvie Royant-Parola, psychiatre et responsable du Centre d’Exploration du Sommeil à la Clinique du Château, à Garches.
« Ce nouveau médicament n’a rien à voir avec les somnifères classiques répandus dans notre société. Il fait appel à un autre mécanisme d’action » insiste-t-elle. En diffusant de la mélatonine tout au long de la nuit grâce à une « libération prolongée » du principe actif, il agit en mimant la sécrétion physiologique de la mélatonine. « C’est un régulateur de notre système veille/sommeil », renchérit le Dr Royant-Parola. Il « n’assomme » pas à l’instar des benzodiazépines, mais dirige vers le sommeil. Le réveil est ensuite naturel, sans gueule de bois. Aucun risque donc, de somnolence durant la journée.
« Avec la mélatonine l’endormissement et le réveil sont plus doux. C’est appréciable pour les personnes d’un certain âge, qui éprouvent des difficultés à trouver le sommeil. Passé la cinquantaine en effet, la production naturelle de mélatonine par l’organisme diminue ». Or celle-ci joue un rôle fondamental pour notre horloge biologique. Prise sous la forme d’un médicament, « elle aide à trouver le sommeil en le rétablissant dans son rythme naturel. A la différence d’un somnifère, dont l’action consiste à diminuer la vigilance pour faire sombrer le patient dans une torpeur qui va finir par l’amener vers le sommeil. C’est totalement différent ».
« Mais attention » prévient notre spécialiste. « Ce traitement est indiqué uniquement chez les plus de 55 ans. Il est soumis à prescription médicale et pour une efficacité optimale il doit être pris deux heures avant le coucher. » Quant à son mécanisme d’action à libération prolongée, il est essentiel. C’est lui en effet qui « permet de stabiliser l’ensemble de la nuit du patient ».
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