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24 mai 2012


Quand l’humanitaire génère le gâchis…

[7 décembre 2006 - 10h40]
[mis à jour le 7 décembre 2006 à 14h37]

Les effets pervers des dons de médicaments dans les situations d’urgence sont dénoncés depuis longtemps. Une travail indonésien fournit aujourd’hui des preuves tristement tangibles de l’inefficacité de ces dons . Etude de cas sur l’après tsunami de décembre 2004.

Pour en évaluer l’impact réel, une étude a été menée en Indonésie, précisément dans la région d’Aceh, dans le cadre d’une coopération entre l’ONG Pharmaciens sans-frontières et les autorités locales. Pour mesurer l’enjeu, rappelons que le volume de médicaments reçus à Aceh a dépassé 4 000 tonnes. Un afflux qui dépassait de beaucoup les capacités locales de stockage et de gestion.

Réalisée 6 mois après le tsunami, l’enquête a montré que les dons « non sollicités », effectués hors des circuits et ONG officiels, étaient le plus souvent ingérables. Médicaments périmés, conditionnements entamés, produits inadaptés et ne répondant ni à l’urgence ni aux besoins locaux… La proportion des médicaments non conformes à la liste nationale de médicaments essentiels est ainsi évaluée à… 60%. Plus de 7 sur 10 avaient leur nom libellé dans une langue étrangère (plus de 16 langues au total) et n’étaient pas identifiables par le personnel de santé indonésien. Pour 25% des médicaments, la date de péremption était dépassée.

Des mois après la catastrophe, des tonnes de produits étaient encore stockées dans des cours ou sous des hangars. Hors de toute structure sanitaire. Un véritable gâchis en somme !

Source : La Revue Prescrire, décembre 2006/Tome 26 N°278

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