Quand les génériques favorisent l’emploi
Un accord, conclu lundi entre le Conseil Stratégique des Industries de Santé (CSIS) et les pouvoirs publics, permettra désormais que les premiers lots des nouveaux médicaments génériques soient produits en France, avant même la tombée des brevets. C’est une décision importante, qui devrait permettre de maintenir voire de développer des emplois locaux. C’est ce que nous explique Pascal Brière, Président du principal producteur français de génériques, Biogaran.
« Aujourd’hui si vous fabriquez avant l’expiration d’un brevet, vous pouvez être attaqués pour contrefaçon. Pour être présent au jour J sur le marché français, vous devez donc fabriquer vos médicaments à l’étranger. »
Certes un laboratoire spécialisé dans les génériques comme celui qu’il dirige, produit une majorité de ses volumes en France, mais il est tout de même contraint d’en importer une partie. Alors que le marché de l’emploi industriel est extrêmement morose, cette législation paraissait inappropriée. « Cette mesure ne pénalise en rien les industriels de médicaments princeps. De toute façon, les médicaments génériques arrivent bel et bien sur le marché français le jour J. En revanche, elle va permettre de revitaliser le tissu industriel pharmaceutique en France ». Au total, 20 000 emplois pourraient être sauvegardés.
Sans compter que la France dispose d’un vrai savoir-faire en matière de chimie fine et de production pharmaceutique. « Nos niveaux de qualité sont probablement parmi les plus élevés au monde, avec l’Allemagne et les Etats-Unis. Il y a un savoir-faire spécifique à la France, c’est indéniable ». Rappelons que le CSIS a été créé en 2004, par le gouvernement, dans le but d’établir un dialogue entre l’Etat et les industriels sur les moyens de maintenir et renforcer l’attractivité de la France dans le secteur de la santé. L’essai semble transformé…
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