Questions sur la sécurité des antidiabétiques
[mis à jour le 2 août 2007 à 14h17]
Fin mai dernier, le New England Journal of Medicine laissait entendre qu’un antidiabétique récent de la classe des glitazones, le maléate de rosiglitazone (Avandia) pouvait augmenter la morbidité et la mortalité cardiovasculaires chez certains diabétiques. Une affaire commençait, qui concerne sans doute des dizaines de millions de diabétiques dans le monde.
Des alertes quant à l’impact de cette classe de médicaments sur le squelette, avaient amené l’AFSSaPS notamment, à émettre une note d’information aux prescripteurs. Voici quelques jours, nouvelle publication dans Diabetes Care. En plus de l’Avandia du Britannique GSK, celle-ci taxe une autre glitazone (Actos, produite par le Japonais Takeda) de doubler le risque d’insuffisance cardiaque. L’un des auteurs le Dr Sonal Singh de la Wake Forest University (Etats-Unis), a par ailleurs précisé à Destination Santé que « tous les patients diabétiques sont exposés à ces risques. »
GSK fait valoir que ce travail est « une analyse de données déjà publiées en ligne le 29 mai 2007 ». Sans cacher les risques cardiovasculaires liés à ces traitements chez des malades exposés – et le diabète est une affection à fort retentissement vasculaire - le fabricant soulignait les faiblesses des méta-analyses, qui amalgament des études aux méthodologies souvent divergentes. Pourquoi demandions-nous alors, « la même information de base a-t-elle été amenée à paraître 4 fois en quelques mois, sans éléments (véritablement) nouveaux ? »
Parce que la nouveauté peut-être, était à venir… La Food and Drug Administration (FDA) américaine vient en effet de réunir deux comités d’experts sur le dossier d’Avandia. La présence de deux vice-présidents du fabricant situe le niveau des enjeux. Face à eux, des scientifiques appelés à voter sur le devenir de ce médicament et – sans droit de vote mais invité à titre d’expert - le Pr Curt Furberg. C’est l’un des signataires des deux travaux à l’origine de l’affaire.
Le jugement de la FDA est attendu sous peu. Il semblerait que les experts aient conclu à une augmentation du risque ne justifiant pas pour autant, un retrait du marché. Pour l’heure, l’agence américaine ne change pas de ligne. Elle exhorte le public à ne modifier aucun traitement sans consulter son médecin traitant. Elle indique aussi depuis fin juin qu’elle « procède à sa propre analyse des études combinées de GSK, y compris une analyse détaillée des cas relatés dans ces 42 études (et qu’elle) compare les résultats de ces travaux avec les autres études – publiées ou non – concernant la rosiglitazone et les autres antidiabétiques pour déterminer les risques cardio-vasculaires » éventuels.
« Les autres antidiabétiques ». Là est la question. Dans un communiqué diffusé hier à Paris, Takeda souligne que « des études à court et long terme – plus de 16 000 patients sur les 10 dernières années – montrent qu’Actos n’est pas associé à une augmentation du risque d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral. » Et « même si des médicaments sont issus de la même classe thérapeutique ils peuvent avoir des effets cliniques différents, en raison des différences de leur structure moléculaire » soulignait un représentant de Takeda. Car l’ombre d’un « effet de classe » impliquant toutes les glitazones (voire d’autres antidiabétiques « modernes ») et non la seule rosiglitazone, plane sur cette affaire.
Dans une information mise en ligne dès le 21 mai dernier l’agence reconnaissait s’interroger sur cette éventualité. « La FDA ne sait pas si les autres médicaments homologués dans la même classe (thérapeutique) ou les autres traitements oraux du diabète de type 2 présentent un risque inférieur, identique ou supérieur. »
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