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9 février 2012


Réveillon : pour que plaisir rime avec santé...

[16 décembre 2003 - 00h00]
[mis à jour le 16 décembre 2003 à 11h18]

Car même en période de « régime », il est recommandé de se ménager chaque semaine un « jour de fête » où les papilles nous font aussi du bien à la tête. Alors pour faire le meilleur usage de cette heureuse période, suivez notre guide pour bien manger et bien boire. En bonne logique, commençons par les entrées.

Les huîtres sont parfaitement recommandables. Elles renferment moins de cholestérol que la plupart des viandes et des poissons. Riches en iode, en fer, en vitamine B12 et en magnésium, ces coquillages contiennent du sélénium, auquel on prête même des propriétés anticancéreuses. Toutefois elles renferment également… du sodium. Les hypertendus doivent donc y prêter attention. Si vous êtes au régime « sans sel », videz-les de leur eau après les avoir ouvertes puis, de nouveau, juste avant de les consommer.

Le foie gras lui, contient 45% de lipides et plus de 450 kilocalories pour 100 grammes. Mais comme il est essentiellement constitué d’acides gras mono-insaturés, sa composition se rapproche un peu de celle de l’huile d’olive. N’oubliez pas cependant qu’il renferme 400 mg de cholestérol aux 100 grammes !

Le saumon fumé est riche en vitamines A, D et B. Il contient de grandes quantités de sels minéraux (calcium, magnésium, phosphore et potassium) et peu de graisses. En moyenne pas plus de 10%. Par ailleurs, celles-ci sont constituées d’acides gras poly-insaturés, dont les fameux acides oméga 3 qui sont réputés « protéger » le cœur et les vaisseaux… Une mise en garde. Attention aux saumons –généralement de bas de gamme ou ‘discount’– qui sont beaucoup trop salés. L’objectif est dans ce cas de retenir de l’eau qui alourdit artificiellement le poisson, mais n’oubliez pas que l’excès de sel est une réelle menace. Alors choisissez bien votre saumon, ou mangez-en moins !

Ne consommez pas la peau du chapon. Il est vraiment très gras. Ne mangez donc ni sa sauce, ni sa peau. Quant à la dinde, évitez aussi de boire la sauce, mais la chair n’est pas grasse du tout. Elle est riche en acides gras protecteurs, en acides aminés essentiels, en fer, en phosphore et en vitamine B. Enfin comme elle est très peu salée, elle peut être recommandée aux hypertendus et aux cardiaques.

Pour l’accompagner, vous avez le choix entre les pommes ou les marrons. La pomme contient des fibres et combat la constipation. Elle est aussi anti-diarrhéique grâce à la pectine qu’elle renferme, et diurétique par dessus le marché ! Elle coupe la faim et fait baisser le taux de cholestérol. Si le marron est plus riche en calories et en glucides, il apporte des sucres lents et contient de nombreux sels minéraux, de la vitamine B1, du calcium et du fer...

Enfin la bûche de Noël, certes bien ancrée dans nos traditions, mériterait d’être remplacée par d’autres desserts. Elle est trop riche en crème et en beurre. Substituez-lui des sorbets, une tarte aux fruits ou même une salade de fruits exotiques…Buvez peu, mais buvez bien et bon Pour les boissons aussi, c’est la fête ! Buvez pour vous faire plaisir, pas pour noyer vos problèmes. Sachez apprécier l’alcool que vous consommez. Sentez, regardez, dégustez… Bref prenez votre temps, mais surtout contrôlez-vous ! Car l’excès d’alcool est à la fois nuisible et dangereux, puisque deux verres de vin et un digestif suffisent pour vous interdire le volant !

Pour l’Organisation mondiale de la Santé, une consommation « à moindre risque » correspond à 3 verres standard (10 g d’alcool par verre) quotidiens pour les hommes, deux verres pour les femmes. En veillant à préserver au moins un jour sans alcool dans la semaine. Dans les périodes de fête, ou un peu d’abandon est permis à condition de ne pas prendre le volant, vous pouvez sans risque « monter » jusqu’à 4 verres en une seule et même occasion.

Pour éviter d’avoir « la gueule de bois » même après en avoir absorbé des quantités raisonnables, abstenez vous d’en boire à jeun. C’est là que l’alcool fait mal. L’estomac étant vide, il passe très vite et en totalité dans le sang, alors qu’il est si facile de grignoter quelque chose une heure avant l’apéritif pour se mettre à l’abri...

N’oubliez pas que les mélanges sont parfois mal supportés. Surtout entre alcools de différentes origines. Certains consommateurs ne supportent pas bien l’association d’alcool de grain comme le whisky, et d’alcools de raisin qu’il s’agisse de vin, de champagne ou d’une eau de vie comme le Cognac ou l’Armagnac.

N’oubliez pas qu’une dose « commerciale » de boisson alcoolisée correspond toujours à la même quantité d’alcool. Et cela qu’il s’agisse d’un verre de vin, d’une flûte de champagne ou d’un « Baby » de whisky.

Par ailleurs, les circulaires interministérielles sur l’égalité des sexes n’ont pas cours en biologie. De sorte que pour une même dose d’alcool ingérée, l’alcoolémie enregistrée sera différente selon le sexe. Comptez donc zéro gramme vingt par litre et par verre chez un homme, et zéro gramme trente trois par litre chez une femme. Ces chiffres étant calculés pour un poids moyen de 75 kg chez l’homme et 60 kg chez sa compagne.

Alors buvez raisonnablement d’accord, mais buvez bien et buvez bon. Privilégiez donc la qualité…

Pour « piloter » votre taux d’alcoolémie Pour ceux et celles qui ont décidé de sortir pour faire la fête et de prendre leur automobile, sachez que le taux d’alcoolémie diminue d’environ 0,15 gramme par litre de sang et par heure. Avec une alcoolémie de 0,7 gramme, il est nécessaire d’attendre près de deux heures sans nouvelle consommation avant de parvenir à 0,5 gramme.

Vous pouvez aussi opter pour l’opération Capitaine de soirée. Le but est d’encourager les 18-24 ans à choisir chaque fois qu’ils sortent un « Capitaine », qui s’engage à ne pas boire d’alcool au cours de la soirée pour reconduire son équipage à bon port, en toute sécurité. Le Capitaine de soirée remplit un bulletin à l’entrée de la discothèque et remet ses armes – enfin, ses clefs… - au vestiaire. Avant de lui rendre son trousseau, on lui fait un test d’alcoolémie pour vérifier qu’il a bien joué le jeu.

Médicaments : le mauvais mélange Si l’opération permet de prévenir de nombreux accidents de la route et de déclencher une prise de conscience, elle a néanmoins un effet pervers. Ceux qui ne conduisent pas risquent de boire de l’alcool jusqu’à l’ivresse. D’où un vrai risque de gueule de bois…

Ils doivent particulièrement faire attention au mélange alcool/soda. Le sucre contenu dans ces boissons gazeuses accélère l’effet hypoglycémiant de l’alcool. Alors surtout à jeun, on crée un véritable danger pour l’organisme, l’hypoglycémie pouvant aller jusqu’au coma. N’imaginez pas qu’en diluant une vodka avec un soda à l’orange, vous diminuerez la dose d’alcool absorbée. Même si vous rajoutez 40 cl de soda, la dose d’alcool sera toujours la même. Sans compter que le sucre du soda va potentialiser les effets de la vodka.

Par ailleurs, il y a des mets incompatibles avec la consommation de boissons alcoolisées. C’est le cas en particulier de certains champignons : Le coprin chevelu et son cousin le coprin noir d’encre, qui poussent en abondance sur le bord de nos chemins, sont l’un et l’autre parfaitement délicieux. A condition de les consommer sans alcool, car alors ils deviennent vénéneux !

Enfin pour ceux qui suivent un traitement, veillez à ce qu’il soit compatible avec une consommation raisonnable d’alcool. Certains médicaments font très mauvais ménage avec l’alcool ! Savez-vous par exemple que la simple prise d’aspirine va majorer votre alcoolémie de 25% ? Mais il y a encore plus fort : d’autres médicaments, utilisés dans le traitement de l’ulcère de l’estomac, l’augmenteront de 50% ! N’oubliez pas non plus que la plupart des tranquillisants, des anxiolytiques et antidépresseurs sont absolument incompatibles avec l’absorption d’alcool.

Ce dernier en effet potentialise les effets de nombreuses classes thérapeutiques. C’est-à-dire qu’il les augmente. C’est le cas des hypnotiques, hypoglycémiants, bêtabloquants et de leurs dérivés. Evitez de boire des boissons alcoolisées si vous prenez des antifongiques – pour soigner une mycose – car il y a un vrai risque de troubles digestifs ou de maux de tête. Enfin avec les antihistaminiques, l’alcool augmente le risque de somnolence.

Vous disposez dorénavant de tous les éléments pour boire raisonnablement, sans inconvénient et en profitant pleinement des fêtes de fin d’année. Car l’alcool, qu’il s’agisse de bons vins, de vieux bourbons, ou de bulles de champagne est synonyme de convivialité, de fête et de partage. Alors n’oubliez pas que si la consommation d’alcool est festive en cette fin d’année, elle doit être responsable. En bref, gardez l’esprit clair.

Les malades aussi, on le droit de faire la fête ! Et maintenant, parlons un peu de nos malades. L’un des plus sûr moyens de passer de mauvaises fêtes, c’est de regarder les autres manger des plats auxquels vous n’avez pas droit ! Voici donc quelques propositions adaptées à différents cas. Pourtant, chacune d’elles est parfaitement acceptable par l’ensemble de la famille.

Et d’abord, les diabétiques. Ne les privez pas de sucres pour les fêtes ! Il y a encore 10 ans, on leur interdisait toute sucrerie car le sucre alimentaire fait augmenter brutalement la glycémie - le taux de sucre dans le sang - , ce qui a pour conséquence d’aggraver le diabète.

Mais on a fini par réaliser que les sucreries étaient mieux tolérées en fin de repas, surtout après des légumes ou de la salade. En effet, le sucre du dessert est alors noyé dans la masse acide du bol alimentaire et ne provoque qu’une légère augmentation de la glycémie. A l’inverse, les douceurs prises à jeun entre les repas la font évoluer brutalement. C’est pourquoi les diabétologues sont aujourd’hui moins rigoureux… et plus pédagogues.

UNE PROPOSITION DE MENU POUR LES DIABETIQUES :

  • six huîtres ou deux tranches de saumon fumé ou mariné
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  • une sole avec du riz créole
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  • un chèvre-chaud sur toast
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  • un sorbet à l’aspartame
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  • un verre de bon champagne et un verre de Muscadet.
Si vous avez un problème de cholestérol, évitez les viandes grasses comme le bœuf, le porc et le mouton. Bannissez également les fritures, le beurre et la crème fraîche. Attention enfin à ne pas consommer trop d’œufs ni de pâtisseries. En revanche, les volailles et les poissons - en particulier le saumon, la truite et le cabillaud - seront vos amis. Et en lisant les étiquettes, vous préférerez les produits riches en acides gras insaturés.

UN DELICIEUX MENU SANS CHOLESTEROL :

  • des huîtres pour la mise en bouche, sans pain beurré mais avec un filet de citron ou… rien du tout : c’est ainsi que les vrais amateurs les préfèrent
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  • Des toasts au saumon fumé avec crème fraîche allégée à la ciboulette
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  • une pintade grillée aux pommes cuites
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  • de fines rondelles de chèvre sur un lit de salade, avec une sauce très légère à l’huile d’olive
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  • un sabayon de fruits frais avec un sorbet et son coulis de fraises
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  • et comme boissons : une demi-coupe de champagne, un verre de vin blanc, et un de rouge.
Si vous avez de l’acide urique ou de la goutte, attention à tous les abats, aux gibiers et viandes grasses. Ecartez certains poissons comme le saumon, la truite, les anchois, sardines et harengs. Enfin les asperges, les champignons, les épinards, les choux-fleurs et les tomates sont à éviter. A l’inverse, les produits laitiers et les œufs ne posent pas de problème, pas davantage que les sucres. Evitez les vins blancs trop secs qui sont souvent un peu acides.

ET UN MENU PLAISIR CONTRE LA GOUTTE OU LES COLIQUES NEPHRETIQUES :

  • six huîres
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  • une terrine de Saint Jacques
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  • une dinde aux marrons ou aux pommes
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  • un plateau de fromages variés
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  • une bûche glacée
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  • du champagne et du vin rouge, avec modération comme toujours.
Chacun peut donc profiter des réveillons de fêtes. A condition de rester raisonnables, mais c’est un principe qui devrait s’appliquer à chacun de nous… Faites un peu attention à maintenir vos apports énergétiques dans les limites du raisonnable. Buvez de tout mais avec modération, continuez à faire un peu d’exercice, mangez des fruits et des légumes. Et passez de joyeuses fêtes !

Source : British Medical Journal, vol. 327

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