Transports sanitaires : les chiffres explosent
[mis à jour le 19 juin 2009 à 17h49]
Les Français utilisent mal les transports de santé remboursés par l’Assurance-maladie.
Forte de ce constat, l’Assurance-maladie des Pays de la Loire a décidé de rappeler une règle essentielle : c’est au médecin, et à lui seul de prescrire le mode de transport approprié pour chaque patient. Affiches et dépliants d’information devraient arriver dans les salles d’attente courant juin. L’objectif est clair : faire des économies.
Les slogans sont accrocheurs : « Des dépenses de transports mieux gérés, c’est plus de budget pour la santé ». Ou encore « Celui qui connaît le meilleur chemin, c’est le médecin ! » Sous-entendu, ne tentez pas de vous faire rembourser a posteriori…
La situation française il est vrai, paraît très anormale. En 5 ans, les remboursements de transports par l’Assurance-maladie des Pays de la Loire ont augmenté de 30%. Or cette croissance n’est pas justifiée par des besoins sanitaires particuliers. Leur coût a ainsi été de 120 millions d’euros en 2008. Une courbe qui suit la tendance nationale, également à la hausse.
En fait, les Français abuseraient des transports remboursés. Se rendre à l’hôpital en ambulance pour un simple pied cassé, prendre le taxi à la place du bus… « Il faut que ces mauvaises habitudes changent » insiste Dominique Thibaud, le Président de la Caisse primaire d’Assurance-maladie (CPAM) de Nantes. « C’est une question de citoyenneté ». D’autant plus que « 15% des assurés représentent plus de 60% de l’ensemble des dépenses de la Caisse ».
A titre d’exemple, le simple fait d’être placé sous le régime de l’Affection longue Durée (ALD) ne devrait pas systématiquement ouvrir la voie à un transport de santé remboursé. « Or aujourd’hui c’est souvent le cas » remarque Catherine Vincent, Directrice adjointe de la CPAM de Nantes. Il est vrai qu’une dépression ne paraît pas être une contre-indication évidente à l’utilisation du tramway…
D’où cette campagne, destinée aux assurés bien sûr, mais également aux professionnels de santé et particulièrement les médecins libéraux. « Nous voulons les accompagner et les soutenir pour éviter les abus, et ainsi mieux gérer le budget (de ces) transports » précise Catherine Vincent.
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