Vaccin : tensions autour du Gardasil®
[mis à jour le 12 juillet 2011 à 17h53]
En France, deux jeunes femmes affirment avoir été victimes de graves effets secondaires liés au Gardasil®, l’un des deux vaccins indiqués dans la prévention du cancer du col de l’utérus. « Elles ont saisi vendredi dernier la Commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux (CRCI) de Lyon », nous confirme leur avocat, Maître Charles Joseph-Oudin (Barreau de Paris).
Ces deux jeunes femmes, âgées de 16 et 20 ans sont originaires de l’Isère et des Alpes-de-Haute-Provence. Elles se plaignent de manifestations auto-immunes. « Elles présentent des paralysies temporaires assez violentes, mais également des maux de tête et de ventre » explique Maître Joseph-Oudin. « Ce qui nous intéresse, c’est la chronologie des événements. Ces deux jeunes femmes étaient en très bonne santé et très rapidement après les injections, elles ont développé ces symptômes ».
Les patientes ont donc demandé la nomination d’experts. « Ces derniers devront trancher sur le lien de causalité », précise l’avocat. « D’ici la fin du mois de septembre, je devrais avoir 5 dossiers en cours sur ce sujet ».
Un rapport bénéfice/risques favorable
Rappelons que Gardasil® fait l’objet d’une surveillance renforcée. Par ailleurs, l’Agence française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé (AFSSaPS) vient de rendre public le troisième bilan du plan de gestion des risques européen et national concernant ce vaccin. « L’analyse des données ne remet pas en cause le rapport bénéfice/risques du vaccin », souligne-t-elle.
Jusqu’à décembre 2010, près de 4 millions de doses ont été délivrées. A cette date, plus de 1 700 notifications ont été recueillies et analysées. « Près de 82% d’entre elles concernent des effets indésirables connus bénins et transitoires, avec une prédominance de douleurs au site d’injection, fièvres, éruption de type urticaire et syncopes vasovagales », précise l’AFSSaPS.
L’analyse des cas supplémentaires d’effets indésirables graves ayant nécessité une hospitalisation « ne différe pas de celle des cas colligés dans le cadre du bilan précédent ». Par ailleurs, toujours selon l’agence, « lorsqu’elle est connue, l’évolution est favorable pour la majorité des observations. Il s’agit essentiellement d’effets connus à type de syndromes fébriles, céphalées et syncopes ».
Enfin, le nombre total de manifestations auto-immunes reste faible et inférieur à celui attendu dans la population générale. Et « l’analyse de chaque cas n’a pas permis d’établir un lien de causalité entre la vaccination et les complications observées », conclut l’Agence.
Aller plus loin : téléchargez le troisième bilan du plan de gestion des risques européen et national.
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